Textes

Cetus

(Ce que les étoiles commettent #3)

ce que les étoiles commettent

* CE QUE LES ÉTOILES COMMETTENT *
(Aurore Reichert)

il n’y a pas que les étoiles
qui commettent
des choses brillantes
et qui en jettent !

il y a la planète des marques,
les prix qui explosent
les stars qui s’éteignent,
et la crème solaire

il y a les dents qui brillent
les semaines filantes
les constellations familiales
les éruptions cutanées

qu’est-ce que les étoiles commettent ?
qu’est-ce que les étoiles ?
qu’est-ce que les humains commettent ?
quel drôle d’animal !
qu’est-ce que les étoiles commettent ?
qu’est-ce que les étoiles ?
qu’est-ce que les humains promettent ?
le meilleur et le mal.

les nébuleuses, les quasars, les naines brunes, les pages blanches,
les géantes rouges, les marées noires, les années lumières et bissextiles,
les casseroles et les baleines, la voie lactée, les voies romaines,
la musique des sphères très haut placées,
le système bancaire, le corps astral, le système solaire a cinq étoiles

la nuit toutes les matières grisent !

notre univers si expansé
se mêle de rien, si confortable
je foule cette terre sous les étoiles qui commettent
je ne sais quelle inconcevable vie
l’irréparable
là-haut…

qu’est-ce que les étoiles commettent ?
qu’est-ce que les étoiles ?
qu’est-ce que les humains commettent ?
quel drôle d’animal !
quel squelette est un poète ?
quelle starlette à poil ?
qu’est-ce que les humains promettent ?
le meilleur et le mal.

il y a ce que les étoiles commettent
et il y a tout le reste
et tout le temps que ça prend
et toute la place que ça laisse

et tout le temps que ça prend
et toute la place
que ça laisse

* * *

le fantôme

Le fantôme
(Aurore Reichert & Sébastien Hoffmann)

je suis un fantôme qui te regarde de travers
je vois tout noyé dans un verre
je crève de nuit la fin
je crève de nuit la fin

je fais de grands gestes pour mimer mon calvaire
j’absorbe des nuits entières

je crève de nuit la fin
je crève de nuit la fin

je poursuis mes recherches plongé dans tes grands airs
je rêve l’embarcadère
je trèfle mais en vain
je crève de nuit la fin

n’embrasse pas consciemment ainsi l’enfer
où tu ne voudras plus que faire
crever la nuit enfin
crever la nuit enfin

« n’embrasse pas consciemment ainsi l’enfer »

voici la voix que j’entends dans mon verre
je suis un phénix un peu mouillé
qui veut ressortir du cendrier
je suis un fantôme bien décidé
à se jeter à l’eau sans se noyer
à reprendre chair sans payer
aucune bière où m’enterrer

Cetus

CETUS

(Aurore Reichert)

ta beauté est un cadeau des dieux
un trophée pour les hommes ambitieux

ton héros viendra me changer en pierre
épingler ta candeur, harponner les mystères

sais-tu seulement que…
sans moi, monstrueuse, il n’y a pas de prince charmant
sans moi, dangereuse, tu restes encore une enfant

je tiens dans ma bouche l’effroi et le néant
je pleure pour les baleines un morceau d’océan

si j’avalais le monde ne serait-ce qu’une nuit
trouverait-il la paix juste le temps d’une vie ?

sais-tu seulement que…
sans moi disgracieuse il n’y a pas de firmament
sans moi monstrueuse il n’y a pas de prince charmant

sans moi dangereuse tu restes encore une enfant
sans moi silencieuse il n’y a pas de roman

labyrinthe

LABYRINTHE
(Aurore Reichert)

à quoi tu penses ?
à quoi on rêve ?

à quoi on joue ?
à cache-cache
joue contre joue
face à face
cet amour est fou
il s’attache
et se cristallise
en murs de banquise

entre les murs lisses
doucement je me glisse
au détour d’un dédale
je t’entends qui cavale
on s’est pas mis d’accord
qui fait le minotaure ?

j’l’ai sur le bout de la langue
la réponse hésitante
fatiguée par la chasse
enfermée dans ma soif
je voudrais bien qu’ils fondent
que les murs de glace nous inondent…

…l’un dans l’autre
on s’enfermera l’un pour l’autre
comme un labyrinthe
dans un labyrinthe
dans un labyrinthe

un rien et je me défile
Ariane a perdu le fil
à quoi tu penses ?
à quoi on rêve ?…

(cours ! cours ! cours ! et prend ton amour cours ! cours ! si ton coeur lourd : cours !)

…d’un amour simple
tour à tour à la fois
d’un labyrinthe
d’un mariage de rois
d’un conte de fiel
d’un château en bois
sous une lune de miel

et on s’enfermera l’un dans l’autre
et on se cachera l’un pour l’autre
comme un labyrinthe
dans un labyrinthe
une mise en abîme
qui abîme nos étreintes
nous passerons de la cime
au gouffre des complaintes

un rien et je me défile
Ariane a perdu le fil

à quoi tu penses ?

l'effrontée frontière

L’effrontée frontière
(Aurore Reichert)

la frontière
effrontée
et pleine d’air
prend de haut
toutes les mères
effondrées
emmurées
par la mer
déchaînée
prend de haut
la falaise
qui n’avait jamais vu d’enfants

tous les corps
en mouvements
tous les morts
au courant
de leur sort
délaissés
aux requins
aux radeaux
aux radins
aux dents longues
mon pays
pieds dans l’eau
mets tes tongues il fait beau !

même les oiseaux migrateurs s’affolent
entre deux vents contraires perdent la boussole
nos vies lacérées par l’effet de serre !

la frontière
et le mur
la barrière
effondrés
sous les guerres
n’affrontaient
plus guère
que le vent
l’affront d’hier
à fait taire
des enfants
qui n’avaient jamais vu la mer

mais que faire ?
des concerts
de passeurs
plein de mots
sans papier ?
n’embrasser
que de l’air ?
replanter
une tente arrachée ?
si un mur a deux faces
quel est le côté des perdants ?

même les oiseaux migrateurs s’affolent
entre deux vents contraires perdent la boussole
nos vies lacérées par l’effet de serre

le climat bipolaire
et les avions de guerre
resserrent
leurs serres
lacèrent

une mélodie s'installe

Une mélodie s’installe
(Aurore Reichert & Sébastien Hoffmann)

les feuilles jaune et ocre
sous l’effet du temps
se fichent dans les arbres

celles qui ne sont pas mortes
fléchissent sous le vent
et voient leurs soeurs qui détalent

sous l’effet du vent

(…une mélodie s’installe… )

quand le soir enveloppe
le bois et les sentiers
un nouveau souffle s’installe

là où nul ne s’époumone
et où l’eau fait miroiter
le silence en pagaille

soulevant les fées

les vivants venus du sol
discutent à bâtons rompus
de la pluie et du beau temps

sous la mégalopole
il paraît que le champ des possibles s’est répandu
sous la mégalopole
il paraît que le chant du silence est suspendu
sous la mégalopole

et dans la mégalopole…

Persée

(Ce que les étoiles commettent #2)

 

Delta

Delta

 

au delta de ta nuque

le courant est si fort

je me coule dans les vagues

de tes cheveux lâchés

je vais prendre le large

 

au delta de ton cou

la brume de ton odeur

se lève autour de moi

m’enveloppe dans tes bras

je vais prendre les airs

au delta de ta nuque

à la lisière de tes cheveux

j’aperçois un sentier

qui part de ton souffle

qui passe dans tes yeux

et à travers moi

il va prendre le pas

au delta de tes paumes

coulent des ravines de lave

qui se frayent dans ma peau

des chemins de traverses

je vais prendre feu

au delta de mon ventre

tu avances sur mes terres

déposer la promesse

d’un avenir fertile

je vais prendre racine

 

 

MATINALE

MATINALE

 

 

Matinale

journée liquide

coule, abyssale

perfide

Dans le journal

un essai atomique

impulsion fractale

pacifique

Un frugal repas

un homicide

illusion détale

viande froide acide

C’est vital

scientifique

explosion finale

hypothétique

Dans les couleurs du ciel

des mondes silencieux

il est dans le sommeil

des mondes merveilleux

Et sous les sycomores

aux feuillages pluvieux

le matinal Âge d’Or

fera-t’il long feu ?

Matinale

un goût insidieux

d’un vert idéal

médicamenteux

Matinale

saturent les gens

banale

capture le temps

Les yeux comme des coupoles

de fugace argent

s’allument, s’envolent

juste un instant

De café noir un bol

et quelques croissants

à la radio un bémol

l’air du temps

le futur

Il est dans le sommeil

des mondes silencieux

dans les noirceurs du ciel

des mondes merveilleux

De furieuses étoiles

qui rythment nos trêves

jusqu’à l’aube cruciale

où le monde se lève

 

OBEY
 

OBEY

Obéïr

je ne demande qu’à obéïr

si l’amende est amère

vomir

ça ira mieux demain mon chou

regarde mon sourire

Obéïr

non ne pas chercher à abolir

l’esclavage de mes idées

noires

si l’âme est en délire vaudou

il faut la contenir

All I want is to obey, my Lord

 

Obtenir

le lustre et la rudesse du cuir

on m’a tellement tannée

je dors

au milieu des chaussures

soldées

Everyone carries their cross

Each one carries his choice

On the crossroad I’ll go to the one and only noble tree

all I want is to obey to my log

And I won’t burn it for my comfort

 

All I want is to obey, my Lord

 

Réfléchir

je ne demande qu’à réfléchir

on m’a tellement polie

je brille

comme une boule à faciès

qui est-ce qui est-ce qui est-ce qui esquive ?

Obéïr

à tous mes appétits avaler

tout ce que l’on me dit

espérer

qu’il en reste aussi pour les autres… jours

(mais qu’est-ce que vous croyez ?)

All I want is to obey, my Lord

 

And to sleep like a log…

I want to sleep like a log

A log

 

Pas grand chose
 

Pas grand chose

 

tous ces orages à rester debout plantée au beau milieu d’un champ de roses

les regarder faner, délavées de larmes pauvres petites choses

tout cet amour à dormir debout aura réveillé nos plus belles névroses

nous regarder darder nos épines comme des armes c’est bien trop d’ecchymoses

une larme puis une autre rythment la discorde à chaque jour sa dose

celle de trop un soir et la vie déborde c’est la métamorphose

nos rêves un peu fous

doucement se nécrosent

juste derrière nous

nos instants se déposent

lit de poussière où

nos démons se reposent

 

bien sûr je ne suis pas parfaite il m’arrive aussi de garder mes portes closes

si j’ les laissaient ouvertes le bruit s’engloutirait jusqu’à l’overdose

non j’n’attendais pas de toi que tu me donnes la preuve d’un amour grandiose

si un sourire, si un regard créent un chef d’oeuvre il ne faut pas grand chose…

nos rêves un peu fous

doucement se nécrosent

juste derrière nous

nos instants se déposent

lit de poussière où

nos démons se reposent

 

…et là devant moi la direction s’impose

je cherchais la beauté dans toutes les choses

dans les pots cassés, dans la dureté d’un mot qui implose…

 

…mais j’ai fini par oublier

où regarder

j’ai trop cherché, trop cherché…

 

un pas devant l’autre au rythme de mon coeur la direction s’impose

le chant du monde est simple en profondeur un silence virtuose

mes rêves un peu flous

ont retrouvé l’osmose

chaque instant est un tout,

une apothéose

comme l’éclatement doux

d’un bouton de rose

 

 

Persée
 

Persée

dans ma cabane sous la terre

je reste des heures entières

seule, je compte les cristaux

qui mûrissent, qui méditent

comme des fruits lents

dans le silence

quand tu me tues je m’enterre

dans ma cabane sous la terre

seule, je compte les cristaux

qui s’écoulent de mes yeux

qui s’évaporent

dans un désert…

…qui s’étend comme un cancer

il est temps de sortir de terre

de grandir encore

donner le meilleur

comme un charbon devient diamant

comme un chardon donne une fleur

 

 dans ma cabane, mon repère

j’ai égrainé mes prières

sans compter les cristaux

mes étoiles minérales

percer mon ciel

changer de chapelle

 

Shéhérazade
 

Shéhérazade

 

il y avait la lune et la fièvre

d’un soir doré à l’orée du désert

embarquées sur tes mots d’orfèvre

on a traversé mille et une mers

tu m’as présenté d’étranges créatures

qui hantent encore l’ombre des grands rois

on s’est inventé tout un tas d’aventures

avec les noms de princesses d’autrefois

Shéhérazade raconte moi

ma sérénade je la chante pour toi

ce soir j’écoute ton histoire

mêlée de doutes et de beauté sauvage

et sur le fleuve de tes  cheveux noirs

flottent l’épreuve et l’attrait du voyage

tu t’es tournée face à la folie du monde

petite statue de sel au pied des barricades

quand ta voix se lève avec la lune blonde

le matin découvre une statue de jade

Shéhérazade raconte moi

ma sérénade je la chante pour toi

à midi le soleil réchauffe la pierre

le soir la pierre renvoie la lumière

un soir doré à l’orée du désert

tu guides le roi hors de sa folie

le monde entier écoute tes prières

et quand vient le silence voilà ce qu’il dit :

Shéhérazade danse pour moi

ma sérénade je la chante pour toi

 

Shéhérazade raconte moi

ma sérénade je la chante pour toi

 

Orion

(Ce que les étoiles commettent #1)

J’vais bien !

J’vais bien !

J’ai hâte, j’ai hâte

J’ai atterrie dans c’trou

Tu pars, tu pars

Tu partages ma cage

Je lave, je lave

Je l’avouerai peut-être

Je mens, je mens

Je m’en remets à vous

C’est mon jeu de loi

L’amère loi de mon jeu :

J’enrage, j’enrage

J’en rajoute un p’tit peu

J’vais bien, j’vais bien

J’vais bientôt aller mieux !

 

Tu plais, tu plais

Tu plaisantes à moitié

Je nage, je nage

Je n’ajouterai rien

Je vois, je vois

Je voyage en pensée

Je rêve, je rêve

Je révolutionne tout

J’écris, j’écris

J’ai crié contre toi

Tu dis, tu dis,

Tu disparais d’un coup

Je ris, je ris

Je risque de pleurer

Je sais, je sais,

Je saigne des genoux

L’amoureux

L’amoureux

Aphonis porte un chapeau

nous serons 10 milliards bientôt

elle l’a dit avec les yeux

elle me dit tout avec les yeux

enfin j’y crois et ça

me rend heureux

Aphonis a perdu la voix

j’ai cru le lire dans ses yeux

mais si je le dis aux gens curieux

elle me dit non avec les yeux

j’ai seulement, tu vois

perdu les mots

Aphonis est couchée sur le dos

sur l’herbe est posé son chapeau

elle regarde, le corps d’un arbre

s’étirer, s’élancer

onduler comme une rivière

et faire des remous de lenteur

si je voulais le voir couler

ici il me faudrait rester…

être là demain

et 10 milliards de matins

elle me dit ça tout bas

elle me dit tout

comme ça

avec les yeux

Aphonis a remis son chapeau

avec les mots tu sais je parlerais trop

sans jamais m’arrêter

10 milliards de mots

à la fin tu en aurais assez

elle me dit tout ça

moi je lis tout ça

elle sourit je crois

avec les yeux

Like waves

Like waves

 

I see you up above

Like a comet or a star

I’m stood upon this shore

Down down I go

Down down down  I go…

Letting sand slip from my hand

To melt into the sea

Don’t hold on that

Why can’t I do that

Why can’t I just be free ?

So long I have longed to know ?

Is it my fate to be

Like waves upon the sea ?

To rise to seek the stars

It’s for a reason of my soul

To fall into the deep below

It seems so hard

But I have to know…

Je le vois ton désert

Ton océan de sable

Il veut ma peau et m’évaporer

M’adorer me dévorer

Entre les dunes et la lune

Divague sur le sommet

Mon eau va très haut, c’est beau là-haut

Mon ocean volé

Si haut

J’ai oublié

Pourquoi chercher à faire

Comme les vagues sur la mer ?

Se mélanger au ciel

Et perdre pieds sur terre

L’immensité restera un mystère

Mais quand on s’aime

Le désert prend l’eau…

…l’océan se terre

Dans le sable chaud

Orion

Orion

le silence et la nuit s’allument

je n’ai qu’à lever la tête

pour plonger dans la beauté

que les étoiles commettent

aurions-nous oublié de regarder au loin ?

comme les étoiles se reflètent

sur la voûte citadine

et dans les yeux de cette fillette

qui chantonne une comptine

aurions-nous oublié de regarder au loin ?

le monde est une merveille

il y a le jour et la nuit

y’a la lune et le soleil

les étoiles et les fruits

le monde est une merveille

y’a la mer qui est profonde

y’a la terre qui est toute ronde

et des moulins à vent il y’en a aussi…

aurions-nous oublié de regarder au loin ?

aurions-nous oublié de regarder Orion ?

L’automate

L’automate

Parfois je me demande quand je marche dans la rue

S’il n’y a pas quelques ficelles au-dessus qui manigancent

Des fois je me demande quand je marche dans la rue

Quand les autres me regardent, se disent-ils que je danse ?

Que je distille mes gestes au petit bonheur la chance ?

Savent-ils que je suis soumis à la cadence ?

Je suis l’automate créé par le grand architecte

Le temps m’est conté dans le cliquetis de mes rouages

Si l’on met bout à bout tous mes battements de cœur

Alors seulement on peut retrouver la justesse de mon âge

 En aurais-je autant qu’un orvet ou qu’un volcan ?

Et si le soleil lui-même pulsait comme un palpitant ?

(Je croirai que la terre expire à chaque ouragan)

Au moins dans mon coin je me dis que la vie est à moi

Mois après mois, déglingué, je maudis mon boulot

L’eau qui s’écoule dans mon verre met du vin dans mes larmes

L’arme qui se joue de ma main est pressée de tomber

Ton baiser au  coin de ma bouche m’a sauvé…

Parfois je me demande quand je marche dans la rue

S’il n’y a pas quelques ficelles au-dessus qui manigancent

Parfois je me demande quand je marche dans la rue

Quand les autres me regardent perçoivent-ils ma défaillance?

Si l’on attend de moi des cabrioles

Que l’on m’enlève d’abord cette camisole

Je suis endimanché jusque dans le dos !

Au moins dans mon coin je me dis que la vie est à moi

Après moi : elle me suit et me prend dans ses bras

Brave et honnête marionnette à la vie je m’accorde

À mon cou d’automate : on ne m’y rependra pas !

Parfois je me demande quand je marche dans la rue

S’il n’y a pas quelques personnes comme moi pleines d’espérance…

Lynch ou la complainte de la femme à la bûche

Lynch ou la complainte de la femme à la bûche

  I’m not Lynch

Why am I not not not not ?!

I’m not Lynch

je fais des rêves dont tout le monde se fiche

je n’ai pas de mèche et ne parle pas english

les films que je me fais ne me rendront pas riche

comment être celui dont tout le monde s’entiche ?

I’m not Lynch

Why am I not not not not ?!

I’m not Lynch

les queues de cerises se coincent entre mes ratiches

le feu marche sans moi et à la course il triche

je mange trop et de tout, même mes rimes sont trop riches

les portes de la gloire s’ouvrent-elles au pied de biche ?

I’m not Lynch

Why am I not not not not ?!

I’m not Lynch

pour l’heure mon jardin zen est un terrain en friche

tous mes cauchemars restent au dos des affiches

j’n’ai personne à qui parler à part ma bûche fétiche

elle sait philosopher, j’me sens un peu godiche !

I’m not Lynch

Why am I not not not not ?!